{"id":1741,"date":"2024-03-17T22:58:06","date_gmt":"2024-03-17T21:58:06","guid":{"rendered":"https:\/\/equinoxejournal.fr\/?p=1741"},"modified":"2024-03-31T16:56:15","modified_gmt":"2024-03-31T14:56:15","slug":"camus-le-miracle-republicain","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/equinoxejournal.fr\/?p=1741","title":{"rendered":"Camus, le miracle r\u00e9publicain ?"},"content":{"rendered":"\n<p>&#8220;<em>J\u2019aime mieux les hommes engag\u00e9s que les litt\u00e9ratures engag\u00e9es<\/em>&#8221; \u00e9crit Camus dans ses carnets au lendemain de la seconde guerre mondiale en 1946. \u00c0 l\u2019occasion de la sortie du documentaire \u201c<em>Les vies d\u2019Albert Camus\u201d <\/em>de <strong>Georges Marc Benamou<\/strong>, interrogations sur le combat politique m\u00e9connu de l&#8217;\u00e9crivain fran\u00e7ais le plus lu dans le monde. Diss\u00e9minant tout au long de sa vie les notes d&#8217;une critique acerbe de la politique ext\u00e9rieure fran\u00e7aise en Alg\u00e9rie, Albert Camus, lui l&#8217;enfant des quartiers pauvres d&#8217;Alger, devenu r\u00e9dacteur du journal \u201c<em>Le Combat<\/em>\u201d durant l\u2019occupation, juge avec hauteur les responsabilit\u00e9s de la France de Vichy. Fran\u00e7ais parmi les fran\u00e7ais, arabe parmi les arabes, l\u2019auteur et philosophe n\u2019a jamais su trancher. \u00c9rig\u00e9 par beaucoup en symbole de la m\u00e9ritocratie r\u00e9publicaine, qu\u2019en-est-il dans les faits ? Parmi les \u00e9tapes qui le conduiront \u00e0 devenir un homme de litt\u00e9rature, l&#8217;adolescence de l&#8217;\u00e9crivain sera marqu\u00e9e de crapules dans les rues du quartier Belcourt \u00e0 Alger. De toutes ces p\u00e9riodes, Camus en extirpera son animalit\u00e9 litt\u00e9raire, sa fureur d\u2019en \u00eatre face \u00e0 l\u2019absurde \u201c<em>de toute chose de ce monde<\/em>\u201d, un monde d\u00e9truit par un si\u00e8cle de guerre contre lequel il luttera, notamment intellectuellement, en invitant \u00e0 la surface le tabou de la mort et la qu\u00eate intime de l\u2019existence. <\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:80px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Engag\u00e9, pas encart\u00e9<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Multiples Camus<\/h4>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"1024\" src=\"http:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/camus_1699646217769-1024x1024.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1754\" style=\"width:164px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/camus_1699646217769-1024x1024.png 1024w, https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/camus_1699646217769-300x300.png 300w, https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/camus_1699646217769-150x150.png 150w, https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/camus_1699646217769-768x768.png 768w, https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/camus_1699646217769-80x80.png 80w, https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/camus_1699646217769.png 1080w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Des Camus, combien y\u2019en a-t-il eu de diff\u00e9rent? Faire le portrait de l&#8217;\u00e9crivain, c\u2019est aussi faire celui du metteur en sc\u00e8ne, de l\u2019homme malade, du journaliste, du r\u00e9sistant, du philosophe, du p\u00e8re de famille, de l&#8217;homme politique. R\u00e9soudre Camus ? Ce serait comme se lib\u00e9rer du poids du monde. D\u00e8s lors, une seule certitude : celle de l\u2019histoire et de l&#8217;engagement, valeur pilier d\u2019un parcours ordinaire. Lui, l&#8217;homme normal, simple et r\u00e9volt\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Bien mieux connu pour \u201c<em>L\u2019\u00c9tranger<\/em>\u201d que pour son altruisme politique, Albert Camus a pourtant servi son id\u00e9al de soci\u00e9t\u00e9 avec une \u00e9nergie contagieuse. Sa philosophie pourra alors se r\u00e9sumer en une question : comment ne pas se sentir concern\u00e9 ? &#8220;<em>L&#8217;insoutenable l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 de l\u2019\u00eatre&#8221;<\/em> le conduit \u00e0 l\u2019action. Voil\u00e0 qui le lie \u00e0 <strong>Milan Kundera<\/strong>, les deux auteurs ayant pour commune entreprise selon <strong>Hasnia Zaddam<\/strong>, doctorante en litt\u00e9rature fran\u00e7aise, de<em> \u201ccombattre l\u2019illusion, les faux-semblants, au profit d\u2019un regard lucide sur l\u2019existence, un regard qui embrasse<\/em>\u201d pr\u00e9cise l\u2019auteure. Son \u00e9criture descriptive, parfois contemplative, est rapidement mise au service de ses batailles philosophiques et politiques. En ce sens, Camus va devenir une pointe de retransmission narrative de l&#8217;organisme social. Son sens inn\u00e9 de l&#8217;observation nait \u00e0 l&#8217;adolescence, jeune alg\u00e9rois qu\u2019il fut, confront\u00e9 \u00e0 la mis\u00e8re et au vide de l&#8217;existence. Cette notion fondamentale qui le caract\u00e9rise, son engagement, est la marque d\u2019une personnalit\u00e9 ouverte, poreuse, un buvard pour accueillir les pleurs du monde. <\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"http:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/tumblr_11d98efb5056c36bb75a56065eab4195_387c57f9_1280-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1791\" style=\"width:678px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/tumblr_11d98efb5056c36bb75a56065eab4195_387c57f9_1280-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/tumblr_11d98efb5056c36bb75a56065eab4195_387c57f9_1280-300x169.jpg 300w, https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/tumblr_11d98efb5056c36bb75a56065eab4195_387c57f9_1280-768x432.jpg 768w, https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/tumblr_11d98efb5056c36bb75a56065eab4195_387c57f9_1280-800x450.jpg 800w, https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/tumblr_11d98efb5056c36bb75a56065eab4195_387c57f9_1280.jpg 1280w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"> <br>Monsieur Louis Germain, \u00e0 gauche, et Albert Camus, \u00e0 droite. Germain aidera Camus \u00e0 obtenir une bourse d&#8217;\u00e9tudes secondaires lui permettant de poursuivre ses \u00e9tudes plut\u00f4t que d&#8217;aller travailler si jeune, ce que souhaitait \u00e0 l&#8217;origine sa grand-m\u00e8re. \u00a9 France 3<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019entame de ses \u00e9tudes, qu\u2019il arrache \u00e0 la volont\u00e9 de sa m\u00e8re sous l&#8217;impulsion de son Professeur Monsieur <strong>Germain<\/strong> qui le surnomme &#8220;<em>le moustique<\/em>&#8220;, il rejoint l\u2019\u00e9quipe de football du Racing Universitaire d\u2019Alger (RUA). Cette passion, une parmi les autres, fera de lui un gardien de but remarqu\u00e9. Du talent pour ce r\u00f4le singulier, ses exploits soulign\u00e9s par la presse. Lui dira : <em>&#8220;Ce que je sais de plus s\u00fbr sur la morale des hommes, c&#8217;est au sport que je le dois, c&#8217;est au RUA que je l&#8217;ai appris.<\/em>\u201d.<strong> <\/strong>Ce souvenir, il y tient. Il avait confi\u00e9 \u00e0 sa fille <strong>Catherine Camus<\/strong> son attachement fraternel et passionnel pour cette discipline, objet de sa \u201c<em>grande ambition<\/em>\u201d. Tant et si bien qu\u2019il embrassera de toutes ses forces la perspective d\u2019une carri\u00e8re sportive. Camus \u00e9crivain, bient\u00f4t Camus footballeur. Mais, \u00e0 l&#8217;\u00e2ge de 17 ans, le jeune homme est atteint par un mal, une souffrance qui ne le quittera plus. <\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:40px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/NJY2XRKM6ZDWFJMLKQSSQYMRUA-_1_-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1859\" style=\"width:647px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/NJY2XRKM6ZDWFJMLKQSSQYMRUA-_1_-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/NJY2XRKM6ZDWFJMLKQSSQYMRUA-_1_-300x200.jpg 300w, https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/NJY2XRKM6ZDWFJMLKQSSQYMRUA-_1_-768x512.jpg 768w, https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/NJY2XRKM6ZDWFJMLKQSSQYMRUA-_1_.jpg 1200w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Camus gardien de but, pr\u00e9sent en bas de l&#8217;image, troisi\u00e8me en partant de la gauche dans le d\u00e9but des ann\u00e9es 1930 <\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<div style=\"height:40px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>L&#8217;innocence du jeune Camus est finalement d\u00e9bauch\u00e9e sur le quai de l&#8217;adolescence. \u00c0 cause d&#8217;une tuberculose qui le marque t\u00f4t, le jeune homme porte aussi en lui l\u2019histoire d\u2019un \u201c<em>tubard<\/em>\u201d, celle d&#8217;un homme tois\u00e9 pr\u00e9cocement par le spectre de la mort. D\u00e9j\u00e0 une ombre suit ses pas, compagne de sa vie et de sa litt\u00e9rature. Cette pr\u00e9sence, cette mort ambiante, est une \u00e9toile dont il ne saura plus se d\u00e9faire. Parce qu&#8217;un mal peut engendrer le bien, l\u2019\u00e9crivain va parvenir \u00e0 s\u2019\u00e9merveiller de contemplations et de r\u00e9flexions durant sa convalescence. Elle sera donc br\u00e8ve, cette tr\u00eave, la seule de sa vie. La tuberculose, il devra vivre avec. Mais la honte, il ne la supportera pas. De tous les ressentis n\u00e9gatifs, Camus affrontera la honte en premier, une honte d\u2019avoir honte, honte de sa condition, de son origine. Il y&#8217;a que l&#8217;homme est n\u00e9 du mauvais c\u00f4t\u00e9 d&#8217;un Alger contrast\u00e9, ville \u00e0 deux facettes, scind\u00e9e entre les quartiers bourgeois europ\u00e9ens et les faubourgs miteux. Voyou de son quartier, il grandit de larcins et de griv\u00e8leries. <em>\u201cC\u2019est cette nature qui l\u2019a rappel\u00e9<\/em>\u201d jugera <strong>Jean-Paul Sartre<\/strong> apr\u00e8s leur brouille, \u00e9voquant l\u2019instinct sauvage de son ancien partenaire. Sa fille Catherine confirmera cette part m\u00e9connue de la vie de son p\u00e8re, justifi\u00e9 par une &#8220;<em>mis\u00e8re intenable<\/em>, <em>un d\u00e9sespoir de chaque instant.<\/em>&#8220;<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"700\" src=\"https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Camus-Combat.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1851\" style=\"width:468px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Camus-Combat.jpg 1000w, https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Camus-Combat-300x210.jpg 300w, https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Camus-Combat-768x538.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Camus lors de la Conf\u00e9rence au Casal de Catalunya en 1951, au cours de laquelle il prononcera un discours politique <\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Sous l&#8217;aile d\u2019un professeur de philosophie qu\u2019il rencontre durant sa retape, Camus rejoint un groupe de jeunes intellectuels politis\u00e9s qui vont bient\u00f4t nouer un destin commun en \u00e9cumant les terrasses d\u2019Alger : le projet \u201c<em>Blum Viollette<\/em>\u201d. Sous l&#8217;impulsion du parti communiste dirig\u00e9 par <strong>L\u00e9on Blum<\/strong> depuis Paris, t\u00e9l\u00e9guid\u00e9 par<strong> Monsieur Viollette<\/strong>, Ministre d&#8217;\u00c9tat et ancien Gouverneur d&#8217;Alg\u00e9rie, ce projet de loi devait permettre \u00e0 une minorit\u00e9 d&#8217;environ 25.000 musulmans d&#8217;Alg\u00e9rie fran\u00e7aise d&#8217;acqu\u00e9rir la citoyennet\u00e9 fran\u00e7aise et de b\u00e9n\u00e9ficier du droit de vote. Dans la capitale alg\u00e9rienne, de nouveaux portes-voix, Camus et les siens, vont alors militer pour faire reconnaitre ces droits civils et politiques \u00e0 ceux qui ont particip\u00e9 \u00e0 la reconstruction du pays ou qui s&#8217;\u00e9taient engag\u00e9s dans les corps de l&#8217;arm\u00e9e fran\u00e7aise. <\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:15px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Un rapprochement avec l&#8217;\u00e9criture<\/h4>\n\n\n\n<p>Ambitieux pour de bon, Albert Camus structure sa pens\u00e9e politique dans un d\u00e9corum familier, celui des caf\u00e9s d&#8217;Alger, faisant part de ses enthousiasmes et de ses r\u00e9voltes au gr\u00e9 des prises de parole publiques. Cet ancrage alg\u00e9rien est un des param\u00e8tres essentiels de la r\u00e9ussite de l&#8217;\u00e9crivain, de son son \u00e9panouissement personnel aussi. Un de ses compagnons de route en t\u00e9moigne : \u00ab <em>Le bonheur alg\u00e9rien, la mer, la lumi\u00e8re, contrastait, alt\u00e9rait avec la situation mis\u00e9rable des masses musulmanes. Nous y \u00e9tions heureux et les autres ne l\u2019\u00e9taient pas <\/em>\u00bb confie t-il. Dans cette conjoncture politique et sociale pesante qui l\u2019\u00e9trille, l\u2019homme doit alors se fabriquer des certitudes, construire un espoir pour les siens et pour tous les autres. <\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"748\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/16392959-748x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1957\" style=\"width:324px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/16392959-748x1024.jpg 748w, https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/16392959-219x300.jpg 219w, https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/16392959-768x1051.jpg 768w, https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/16392959.jpg 877w\" sizes=\"(max-width: 748px) 100vw, 748px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Une de l&#8217;Alger R\u00e9publicain du 5 juin 1939<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Une s\u00e9rie d&#8217;articles sur la mis\u00e8re en Kabylie va initier les pr\u00e9mices de sa notori\u00e9t\u00e9 : \u201c<em>Une bombe dans l\u2019Alg\u00e9rie de la fin des ann\u00e9es 30<\/em>\u201d selon le r\u00e9dacteur de l&#8217;\u00e9poque. D\u00e8s le le 15 mai 1939, Camus part \u00e0 la rencontre de ces terres isol\u00e9es de l&#8217;arri\u00e8re pays alg\u00e9rois, observe les existences suspendues. Il y est envoy\u00e9 par son ami <strong>Pascal Pia<\/strong>, r\u00e9dacteur en chef de L\u2019Alger r\u00e9publicain, pour y r\u00e9aliser une \u00e9tude plus consistante sur la situation des populations qui habitent la r\u00e9gion montagneuse, constitu\u00e9e pour l\u2019essentiel de villages hauts perch\u00e9s et surpeupl\u00e9s. Le premier texte parait en Une du journal trois semaines plus tard, le 5 juin, dans un article nomm\u00e9 \u201c<em>La Gr\u00e8ce en Haillons<\/em>\u201d, par lequel il tente d&#8217;\u00e9clairer l&#8217;opinion publique sur la d\u00e9couverte des conditions de vie sordides en Kabylie : \u00ab <em>Par un petit matin, j\u2019ai vu des enfants en loque disputer \u00e0 des chiens le contenu d\u2019une poubelle. \u00c0 ma question, un homme vieilli a r\u00e9pondu : c\u2019est tous les matins comme \u00e7a.<\/em> \u00bb. Camus y observera la famine, &#8220;<em>le D\u00e9nuement<\/em>&#8220;, l\u2019oubli et le syst\u00e8me colonial dans un v\u00e9ritable itin\u00e9raire de la mis\u00e8re : &#8220;<em>Vivement la guerre, on nous donnera de quoi manger<\/em>&#8230;&#8221; rapportera l&#8217;\u00e9crivain. Cette s\u00e9rie d&#8217;articles d\u00e9clenchera l&#8217;appareil de censure du gouvernement, qui finira par interdire la publication du &#8220;<em>Journal d&#8217;Alger<\/em>&#8220;. <\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:40px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Camus mythifi\u00e9 ?<\/h4>\n\n\n\n<p>Mais la vision d&#8217;un Camus engag\u00e9 et parfaitement d\u00e9vou\u00e9 r\u00e9pondrait \u00e0 un mythe selon certains auteurs. Un id\u00e9alisme auquel il serait bon de croire, une lubie qui mettrait en valeur le mythe fran\u00e7ais, r\u00e9publicain, miraculeux. Pour <strong>Olivier Gloag<\/strong>, professeur \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Caroline du Nord, faisant part de sa mauvaise conscience dans ses articles &#8220;<em>sans toutefois interroger la n\u00e9gligence volontaire de l&#8217;\u00c9tat fran\u00e7ais<\/em>&#8220;, Camus ne s&#8217;affaire qu&#8217;\u00e0 une seule description de faits sans se risquer \u00e0 d\u00e9signer les responsables : &#8220;<em>Ses contradictions, force motrice de son oeuvre, ne sont jamais \u00e9tudi\u00e9es<\/em>.&#8221; regrette l&#8217;universitaire. L&#8217;auteur pointe en effet le double discours camusien, son incapacit\u00e9 \u00e0 trancher parfois, ce &#8220;<em>en m\u00eame temps<\/em>&#8221; reproch\u00e9 aujourd&#8217;hui \u00e0 <strong>Emmanuel Macron<\/strong> : \u00ab&nbsp;<em>Camus veut maintenir l\u2019in\u00e9galit\u00e9 entre colonis\u00e9s et colons, et s\u2019offusque qu\u2019elle ne soit pas respect\u00e9e. (&#8230;) Il d\u00e9fend les acquis des gr\u00e8ves de 36 et l\u2019ordre colonial. Camus est double.&nbsp;<\/em>\u00bb conclura Olivier Gloag. Ce dernier fait en effet partie de ceux pour qui la repr\u00e9sentation positive des positions politiques de l&#8217;\u00e9crivain fran\u00e7ais le plus lu dans le monde est &#8220;<em>trompeuse<\/em>&#8220;, ph\u00e9nom\u00e8ne qu&#8217;il explicitera dans un essai intitul\u00e9 &#8220;<em>Oublier Camus<\/em>&#8221; (<em>La Fabrique \u00c9ditions<\/em>). Selon <strong>Ernest London<\/strong>, qui critiquera l&#8217;oeuvre pr\u00e9cit\u00e9e, les d\u00e9ceptions de Camus ont &#8220;<em>suscit\u00e9 un d\u00e9tachement<\/em>&#8220;. D\u00e8s lors, dans un monde d\u00e9pourvu de sens, absurde, il a fallu que l&#8217;homme vive sa vie en tournant le dos aux probl\u00e8mes, insolubles, inh\u00e9rents \u00e0 la domination de l\u2019homme, notamment ceux pos\u00e9s par le colonialisme.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Voir aussi<\/strong> : <strong><a href=\"https:\/\/lundi.am\/Oublier-Camus#:~:text=Dans%20La%20Gr\u00e8ce%20en%20haillons,humanit\u00e9%20au%20secours%20du%20colonialisme%20\u00bb.\">Critique du livre<\/a> &#8220;<\/strong><em>Oublier Camus<\/em><strong>&#8221; <\/strong>de Olivier Gloag par <strong>Ernest London<\/strong> :<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-16018d1d wp-block-buttons-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-button is-style-outline is-style-outline--1\"><a class=\"wp-block-button__link has-text-align-center wp-element-button\" href=\"https:\/\/lundi.am\/Oublier-Camus#:~:text=Dans%20La%20Gr\u00e8ce%20en%20haillons,humanit\u00e9%20au%20secours%20du%20colonialisme%20\u00bb.\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Lire plus<\/a><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<div style=\"height:25px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>R\u00e9sistant, <\/strong>compl\u00e8tement ?<\/h2>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>Une d\u00e9fiance originelle \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la France<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>L\u2019homme sait danser pourtant, c\u2019est juste qu\u2019il ne sait pas sur quel pied. Pourquoi d\u00e9cider ? Dans l\u2019esprit de Camus, choisir c\u2019est confronter. L\u2019irr\u00e9m\u00e9diable, il le fuit. Alors il faut fouiller dans les traces de l&#8217;Histoire pour comprendre le regard que l&#8217;\u00e9crivain portait sur la France, identifier les indices sympt\u00f4mes de son apatridie. <\/p>\n\n\n\n<p>Son oncle boucher, sourd et de philosophie voltairienne, le recueille dans ses jeunes heures de convalescence \u00e0 ses 18 ans. Il est embauch\u00e9 \u00e0 la tonnellerie. Depuis sa vitrine, il croise et d\u00e9fie le regard de ceux qui ne sont pas des pieds-noirs. Il attire la curiosit\u00e9 de l\u2019un d\u2019eux, <strong>Max-Pol Fouchet<\/strong>, un de ces \u201c<em>fran\u00e7ais de France<\/em>\u201d : \u00ab <em>Albert \u00e9tait assez maigre, mince. Il me regardait de fa\u00e7on dure, fixe, me toisant.\u201d. <\/em>L&#8217;homme d&#8217;affaires croit y percevoir des intentions d\u00e9fiantes : \u201c<em>Je n\u2019\u00e9tais pas un pied-noir, je n\u2019\u00e9tais pas un homme d\u2019Alg\u00e9rie comme lui l\u2019\u00e9tait totalement. J\u2019\u00e9tais un homme venu de la m\u00e9tropole. Un \u00e9tranger somme toute.<\/em>\u201d. Cette d\u00e9fiance originaire \u00e0 l\u2019\u00e9gard des hommes de la m\u00e9tropole, Albert Camus n\u2019en a rien oubli\u00e9. A posteriori, l\u2019analyse de cette animosit\u00e9 trace une continuit\u00e9 \u00e0 mettre en lien avec son engagement et \u00e0 sa pens\u00e9e politique, une d\u00e9fiance affirm\u00e9e d\u00e8s les pr\u00e9mices en rempart de la pens\u00e9e colonialiste promue par la France du 20\u00e8me si\u00e8cle. <\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:15px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"617\" src=\"http:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/camus_1-1024x617.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1745\" style=\"width:859px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/camus_1-1024x617.jpg 1024w, https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/camus_1-300x181.jpg 300w, https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/camus_1-768x463.jpg 768w, https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/camus_1-1536x925.jpg 1536w, https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/camus_1-2048x1234.jpg 2048w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Projet collectif d\u2019impression sur la grille du lyc\u00e9e Albert Camus \u00e0 Bois Colombes<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<div style=\"height:45px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>Dans ces heures de tumulte, l&#8217;\u00e9crivain de l&#8217;\u00c9tranger tergiverse et vacille. Pour <strong>Jean-Yves Gu\u00e9rin<\/strong>, biographe du philosophe, la qu\u00eate d&#8217;identit\u00e9 propre \u00e0 Camus a refait surface \u00e0 l&#8217;heure o\u00f9 ce dernier ferraillait pour le droit des alg\u00e9riens, nuan\u00e7ant le r\u00e9cit unique d&#8217;un Camus &#8220;<em>exemple fran\u00e7ais r\u00e9publicain<\/em>&#8220;. Pour Gu\u00e9rin : \u201c<em>L\u2019homme citadin du vieux continent est, en quelque sorte, devenu un \u00e9tranger l\u00e0 o\u00f9 il vit. L\u2019exil est, pour Camus, la loi du monde moderne<\/em>. Cette dualit\u00e9 originelle camusienne d\u00e9verse \u201c<em>la<\/em> <em>solitude, l\u2019incompr\u00e9hension, l\u2019absence d\u2019espoir\u201c.<\/em> Naturellement alors l&#8217;auteur se questionne : <em>\u201cQue deviennent, dans ces conditions, l\u2019id\u00e9e, le mythe r\u00e9publicains de la patrie fran\u00e7aise ?<\/em>\u201d.\u00a0Autrement dit, que deviennent les principes d&#8217;un homme \u00e0 l&#8217;heure o\u00f9 ils tremblent sous le poids du doute ? Les h\u00e9sitations de Camus sont celle d&#8217;un homme dont on attend tout, \u00e0 la fois miracles et blasph\u00e8mes, pardons et parjures, l&#8217;ont pouss\u00e9 \u00e0 n&#8217;\u00eatre ni rien ni tout, ni d&#8217;ici ni d&#8217;ailleurs, ni d&#8217;Alg\u00e9rie ni de France. <\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:10px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>Exil\u00e9 d\u2019Alger, r\u00e9sistant de Paris<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>Il y\u2019a que Camus n\u2019est pas que fran\u00e7ais, il est un fran\u00e7ais d\u2019Alg\u00e9rie. Fran\u00e7ais et alg\u00e9rien. Humaniste et sensible. Son appr\u00e9hension du monde ne saurait se limiter au p\u00e9rim\u00e8tre d\u2019une seule nationalit\u00e9. \u00c0 ce sujet, il confiera se sentir \u201c<em>plus pr\u00e8s d\u2019un G\u00e9nois ou d\u2019un Majorquin que d\u2019un Normand ou d\u2019un Alsacien<\/em>\u201d. Foi m\u00e9diterran\u00e9enne oblige. Autrement plus politiquement, Camus s\u2019indigne de l\u2019Alg\u00e9rie fran\u00e7aise alors qu\u2019il assiste \u00e0 une parade organis\u00e9e le 3 mai 1930 en l\u2019honneur du nouveau Pr\u00e9sident de la III\u00e8me R\u00e9publique, <strong>Gaston Doumergue<\/strong>. D\u00e9fil\u00e9 de rage pour l\u2019\u00e9crivain et ses amis philosophes, sentiment d\u2019injustice qui n\u2019aura de cesse de les guider : \u201c<em>La France doit reconna\u00eetre le droit de vote aux indig\u00e8nes d\u2019Alg\u00e9rie<\/em>\u201d peut-on lire \u00e0 l\u2019\u00e9poque sur les tracts du fameux projet \u201c<em>Blum Violette<\/em>\u201d. Camus appelle \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 des droits civiques entre les hommes, \u201c<em>fran\u00e7ais sans en avoir les droits<\/em>\u201d, pour eux, et \u00e0 travers eux pour tous les autres. Le puisage des populations indig\u00e8nes, un laisser-faire insoutenable pour cet enfant d&#8217;Alger. Amer de la d\u00e9faite politique qu\u2019essuiera le projet \u00e0 l&#8217;Assembl\u00e9e Nationale, Albert Camus \u00e9crira de toute sa force d\u2019\u00e2me : \u00ab <em>La conqu\u00eate d\u2019un pays n\u2019a pas d\u2019excuse tant qu\u2019elle ne se consacre pas dans la conqu\u00eate des c\u0153urs.&#8221;. \u00ab<\/em> <em>Ce peuple qui demande aujourd\u2019hui \u00e0 devenir fran\u00e7ais, il est si singulier qu\u2019on lui refuse avec autant de pers\u00e9v\u00e9rance ce ce que nous devrions \u00eatre surpris et fiers de lui voir demander<\/em>. \u00bb poursuivra-t-il.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"799\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/image-799x1024.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1767\" style=\"width:470px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/image-799x1024.png 799w, https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/image-234x300.png 234w, https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/image-768x984.png 768w, https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/image-1198x1536.png 1198w, https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/image.png 1200w\" sizes=\"(max-width: 799px) 100vw, 799px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Albert Camus en 1937 &#8211; Biblioth\u00e8que de M\u00e9janes, Aix-en-provence<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Son affection pour la France, il en t\u00e9moignera durant l\u2019occupation. Exil\u00e9 \u00e0 Paris, rejeton des assembl\u00e9es d\u2019Alger car devenu dangereux, Albert Camus fuit l\u2019entonnoir pour en retrouver un autre, celui de la clandestinit\u00e9 de la France de 40. \u00c0 Lyon, son journal diss\u00e8que la France mar\u00e9chaliste. Devenu r\u00e9dacteur en chef du journal &#8220;<em>Le Combat<\/em>&#8221; d\u00e9tenu par son ami Pascal Pia, il \u00e9crit: \u00ab <em>La vie en France est un enfer pour l\u2019esprit maintenant. C\u2019est la l\u00e2chet\u00e9 qui m\u2019entoure et qu\u2019on rencontre partout. Maintenant, il n\u2019y a qu\u2019une valeur morale : c\u2019est le courage. Elle sert ici \u00e0 juger les fantoches et les bavards qui pr\u00e9tendent parler au nom du peuple. L\u00e2chet\u00e9, s\u00e9nilit\u00e9, politique pro-allemande, tout cela pour essayer d\u2019amadouer des ennemis qui nous \u00e9craserons quand m\u00eame.<\/em> \u00bb. Il confie alors \u00e0 Pia les manuscrits de l\u2019\u00c9tranger et du Mythe de Sisyphe, un essai philosophique sur l\u2019absurde. En mal de son pays, Camus r\u00eave d\u2019une terre libre : \u00ab <em>Maintenant, je ne songe plus \u00e0 l\u2019Alg\u00e9rie comme au pays que j\u2019aime, mais comme \u00e0 la derni\u00e8re terre fran\u00e7aise qui soit encore libre de cette chose ignoble qui s\u2019appelle l\u2019occupation<\/em>. \u00bb. De passage \u00e0 Oran, d\u00e9cor de son prochain roman, il amorce l\u2019\u00e9criture d\u2019une analogie de la contagion totalitariste, d\u00e9sormais r\u00e9pandue \u00e0 travers le monde : \u00ab <em>La Peste<\/em> \u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Entr\u00e9 en r\u00e9sistance dans la presse clandestine, Camus &#8220;<em>le moustique<\/em>&#8221; d\u2019Alger, lib\u00e8re Paris en ao\u00fbt 1944. Par les fen\u00eatres radieuses d\u2019une capitale \u00ab <em>lib\u00e9r\u00e9e de sa honte<\/em> \u00bb, il hisse tout haut le drapeau fran\u00e7ais et s\u2019empare des journaux collaborationnistes de la rive droite. Solennel, il \u00e9crit ce jour-l\u00e0 : \u00ab <em>Il a fallu cinq ann\u00e9es de lutte obstin\u00e9e et silencieuse pour qu\u2019un journal n\u00e9 de l\u2019esprit de r\u00e9sistance, publi\u00e9 sans interruption \u00e0 travers tous les dangers de la clandestinit\u00e9, puisse para\u00eetre enfin au grand jour dans un Paris lib\u00e9r\u00e9 de sa honte. Cela ne peut s\u2019\u00e9crire sans \u00e9motion. Il y a eu le le temps de l\u2019\u00e9preuve et nous en voyons la fin.\u201d. <\/em>Il sublime ensuite : \u201c<em>Il est facile de donner son temps \u00e0 la joie. Elle prend dans nos c\u0153urs la place que pendant cinq ann\u00e9es y a tenu l\u2019esp\u00e9rance. <\/em>\u00bb. Apr\u00e8s la guerre, Camus exulte de joie et d&#8217;esp\u00e9rance. Accompagn\u00e9 de son \u00e9diteur et ami <strong>Michel Gallimard<\/strong>, Albert sillonne la France et enthousiasme les auditoires. <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"900\" height=\"503\" src=\"https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Camus2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1774\" style=\"width:840px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Camus2.jpg 900w, https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Camus2-300x168.jpg 300w, https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Camus2-768x429.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 900px) 100vw, 900px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Michel Gallimard et Albert Camus en Gr\u00e8ce en juin 1958<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:50px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>Un engagement nob\u00e9lis\u00e9&nbsp;<\/strong><\/h4>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"780\" src=\"http:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/albertcamusnobelletter-2-1024x780.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1742\" style=\"width:607px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/albertcamusnobelletter-2-1024x780.jpg 1024w, https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/albertcamusnobelletter-2-300x229.jpg 300w, https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/albertcamusnobelletter-2-768x585.jpg 768w, https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/albertcamusnobelletter-2.jpg 1200w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Albert Camus arrive \u00e0 Stockholm en Su\u00e8de accompagn\u00e9 de sa femme Francine et d&#8217;Anders Osterling, secr\u00e9taire permanent de L&#8217;Acad\u00e9mie Su\u00e9doise des Lettres, pour se voir remettre le Prix Nobel de Litt\u00e9rature le 10 d\u00e9cembre 1957. <br>AP\/REX\/Shutterstock<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Sur tous les grands sujets de l\u2019\u00e9poque, Camus aura aim\u00e9 animer les d\u00e9bats. En juillet 1945, il suit le cours du proc\u00e8s P\u00e9tain depuis le deuxi\u00e8me rang de la salle d\u2019audience et \u00e9crit : \u00ab <em>En ce qui nous concerne, la responsabilit\u00e9 de P\u00e9tain nous para\u00eet immense. Ces ann\u00e9es fongeuses, cette nuit de la honte, ont besoin que la lumi\u00e8re de la Justice vienne les \u00e9clairer. <\/em>\u00bb. D\u2019autres, comme <strong>Fran\u00e7ois Mauriac<\/strong>, grande figure du gaullisme, r\u00e9clament le pardon et pr\u00eachent la charit\u00e9 pour ceux qui ont collabor\u00e9. Camus leur r\u00e9pondra cinglant : \u00ab <em>Qui oserait parler de pardon. Nous parlons de justice.<\/em> \u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Devenu \u00e9crivain \u00e0 succ\u00e8s, \u00e0 l\u2019instant o\u00f9 il remporte le Prix Nobel de Litt\u00e9rature ce mardi 10 d\u00e9cembre 1957, l&#8217;homme est terriblement angoiss\u00e9 : \u201c<em>Ce Nobel, c\u2019\u00e9tait \u00e0 Malraux de le remporter<\/em>\u201d. Le choix de l\u2019Acad\u00e9mie cette ann\u00e9e-l\u00e0 remercie l\u2019auteur pour l\u2019ensemble de ses \u00e9crits et particuli\u00e8rement \u201c<em>pour son importante \u0153uvre litt\u00e9raire qui met en lumi\u00e8re, avec un s\u00e9rieux p\u00e9n\u00e9trant, les probl\u00e8mes qui se posent de nos jours \u00e0 la conscience des hommes.\u201d. <\/em>Un &#8220;<em>Nobel vol\u00e9<\/em>&#8221; d\u00e9noncera Sartre, ce qui recouvrira Camus d&#8217;amertume et de culpabilit\u00e9. Enfin pourtant il est r\u00e9compens\u00e9. Son oeuvre, sa litt\u00e9rature, son jour. <\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:10px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"700\" src=\"http:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/albert-camus-paris-zigzag.webp\" alt=\"\" class=\"wp-image-1785\" style=\"width:568px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/albert-camus-paris-zigzag.webp 1000w, https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/albert-camus-paris-zigzag-300x210.webp 300w, https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/albert-camus-paris-zigzag-768x538.webp 768w\" sizes=\"(max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Directeur de collection chez Gallimard, milieu des ann\u00e9es 1950<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Mais le contexte de sa victoire litt\u00e9raire est aussi celui d&#8217;une guerre civile, celle qui d\u00e9cime l&#8217;Alg\u00e9rie. Press\u00e9 de questions par les journalistes d\u00e8s son arriv\u00e9e en Su\u00e8de, l&#8217;\u00e9crivain est appel\u00e9 \u00e0 prendre position sur les \u00e9v\u00e8nements qui ensanglantent sa terre natale. D\u00e9fenseur de l\u2019ind\u00e9pendance ou partisan de l\u2019Alg\u00e9rie fran\u00e7aise, en ce jour symbole de cons\u00e9cration et apr\u00e8s n&#8217;avoir jamais su trancher, il faut finalement qu&#8217;il choisisse.&nbsp;Encore, toujours, choisir. Finalement, presque tragiquement, Camus est appel\u00e9 \u00e0 sceller son appartenance devant les micros tendus du monde qui attendent une prise de parole du nouveau Prix Nobel. En marge des c\u00e9r\u00e9monies officielles, face \u00e0 un \u00e9tudiant alg\u00e9rien, il finira par s&#8217;exprimer : <em>\u00ab&nbsp;En ce moment, on lance des bombes dans les tramways d&#8217;Alger. Ma m\u00e8re peut se trouver dans un de ces tramways. Si c&#8217;est cela la justice, je pr\u00e9f\u00e8re ma m\u00e8re.&nbsp;\u00bb<\/em> assurera l&#8217;\u00e9crivain. Dans les milieux intellectuels parisiens, on l\u2019accuse alors d\u2019\u00eatre un tra\u00eetre aux id\u00e9es qu\u2019il a d\u00e9fendu autrefois, de pr\u00e9f\u00e9rer \u00e9go\u00efstement sa m\u00e8re \u00e0 la justice due \u00e0 des millions de personnes. Il devient pour certains le \u00ab <em>penseur des colons<\/em> \u00bb, la \u00ab <em>caution intellectuelle de l\u2019Alg\u00e9rie Fran\u00e7aise<\/em> \u00bb. Mais la pens\u00e9e de l&#8217;homme sur ce conflit est infiniment plus fine, plus complexe, plus douloureuse aussi. <\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir travers\u00e9 le torrent et la pol\u00e9mique, Camus s&#8217;adressera finalement \u00e0 Monsieur Germain, son professeur et p\u00e8re d&#8217;une vie : <em>\u00ab Quand j\u2019ai appris la nouvelle, ma premi\u00e8re pens\u00e9e, apr\u00e8s ma m\u00e8re, a \u00e9t\u00e9 pour vous. Sans vous, sans cette main affectueuse que vous avez tendue au petit enfant pauvre que, sans votre enseignement, et votre exemple, rien de tout cela ne serait arriv\u00e9. \u00bb<\/em> conclura-t-il. <\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:40px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/www.france.tv\/documentaires\/histoire\/1147279-les-vies-d-albert-camus.html\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/25a5aabd-php3zo4ec-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2100\" srcset=\"https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/25a5aabd-php3zo4ec-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/25a5aabd-php3zo4ec-300x169.jpg 300w, https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/25a5aabd-php3zo4ec-768x432.jpg 768w, https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/25a5aabd-php3zo4ec-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/25a5aabd-php3zo4ec-800x450.jpg 800w, https:\/\/equinoxejournal.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/25a5aabd-php3zo4ec.jpg 1920w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">Maison de production<\/span> :<\/strong>&nbsp;France T\u00e9l\u00e9visions \/ Si\u00e8cle Productions<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>&#8220;<em><strong><a href=\"https:\/\/www.france.tv\/documentaires\/histoire\/1147279-les-vies-d-albert-camus.html\">Les vies d&#8217;Albert Camus<\/a><\/strong><\/em>&#8220;, r\u00e9alis\u00e9 par<strong> :<\/strong>&nbsp;<strong>Georges-Marc Benamou<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:10px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">Sources<\/span><\/strong> : <strong>Gr\u00e9goire Lem\u00e9nager <\/strong>(L\u2019Obs),<strong> <a href=\"https:\/\/cultea.fr\/author\/celia-ait\">C\u00e9lia Ait Ihaddadene<\/a><\/strong> (Cultea) <strong>G\u00e9rald Karsenti<\/strong> (Radio Classique), <strong>Ved <\/strong>(RTBF.be), <strong><a href=\"http:\/\/pierrejean.cardona.free.fr\/jeunesse_de_camus.htm\">Fernand Destaing<\/a><\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/books.openedition.org\/psn\/537?lang=fr\">Jean-Yves Gu\u00e9rin<\/a><\/strong>, <strong>Hasnia Zaddam<\/strong> (Implications Philosophiques),&nbsp;<strong>Olivier Gloag,<\/strong> <strong>Ernest London<\/strong>, <a href=\"https:\/\/www.lapeniche.net\/author\/PaulEmile%20Delcourt\/\"><strong>Paul-Emile Delcourt<\/strong><\/a>, France Inter. <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-left\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">Voir aussi<\/span><\/strong> : <a href=\"https:\/\/youtu.be\/dNbAKD5SR24\">Albert Camus : des quartiers pauvres d&#8217;Alger au prix Nobel de litt\u00e9rature<\/a>, <strong>France 24<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\"\/>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 l\u2019occasion de la sortie du documentaire \u201cLes vies d\u2019Albert Camus\u201d de Georges Marc Benamou, interrogations sur le combat politique m\u00e9connu de l&#8217;\u00e9crivain fran\u00e7ais le plus lu dans le monde. Fran\u00e7ais parmi les fran\u00e7ais, arabe parmi les arabes, l\u2019auteur et philosophe n\u2019a jamais su trancher. \u00c9rig\u00e9 par beaucoup en symbole de la m\u00e9ritocratie r\u00e9publicaine, qu\u2019en-est-il dans les faits ? <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1753,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"saved_in_kubio":false,"ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":""},"categories":[17,23,66],"tags":[69,65,68,70,67],"class_list":["post-1741","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-en-debat","category-philosophie","category-portrait","tag-algerie","tag-camus","tag-documentaire","tag-france","tag-portrait"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/equinoxejournal.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1741","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/equinoxejournal.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/equinoxejournal.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/equinoxejournal.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/equinoxejournal.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1741"}],"version-history":[{"count":305,"href":"https:\/\/equinoxejournal.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1741\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2207,"href":"https:\/\/equinoxejournal.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1741\/revisions\/2207"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/equinoxejournal.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/1753"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/equinoxejournal.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1741"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/equinoxejournal.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1741"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/equinoxejournal.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1741"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}