{"id":3819,"date":"2024-12-24T07:02:00","date_gmt":"2024-12-24T06:02:00","guid":{"rendered":"https:\/\/equinoxejournal.fr\/?p=3819"},"modified":"2025-07-02T08:59:57","modified_gmt":"2025-07-02T06:59:57","slug":"tt","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/equinoxejournal.fr\/?p=3819","title":{"rendered":"Des d\u00e9cideurs politiques se confient sur la gestion \u00e9motionnelle par temps de crise"},"content":{"rendered":"\n<p>Que faire de son affect dans un milieu qui ne se comprend que de r\u00e9alit\u00e9s brutes ? Si pour certains responsables politiques \u00ab les \u00e9motions font office de boussole \u00bb, d\u2019autres d\u00e9noncent la pression, l\u2019appr\u00e9hension et le stress d\u2019un quotidien frapp\u00e9 par les crises. D\u2019autant que les sacrifices et les zones d\u2019ombres inh\u00e9rentes au m\u00e9tier sont co\u00fbteuses, surtout dans la sph\u00e8re familiale. D\u00e8s lors, pour les d\u00e9cideurs qui s\u2019y emploient quotidiennement, comment appr\u00e9hender le conflit institutionnalis\u00e9 permanent, les rapports de pouvoir et les impasses morales auxquelles ils conduisent ? Comment apprivoiser les frustrations et les col\u00e8res pour les repousser loin du seuil de chez soi ? Entretiens fleuves avec plusieurs d\u00e9cideurs politiques, ces figures \u00ab providentielles \u00bb dont on esp\u00e8re tout sans qu\u2019on n\u2019en sache rien.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>En invalidant l\u2019opposition classiquement admise entre l\u2019\u00e9motionnel et le rationnel, l\u2019anthropologue Georges Emmanuel Marcus invite, tout au long de ses travaux, \u00e0 r\u00e9habiliter les \u00e9motions en tant que \u00ab composantes essentielles de l\u2019action politique \u00bb. Qu\u2019en est-il pour les acteurs qui fabriquent, d\u00e9samorcent ou subissent les n\u0153uds de la vie politique ? Quelle place accorder au ressenti ? Depuis cette Tour d\u2019ivoire qui isole, comment trouver le juste \u00e9quilibre entre une \u00e9thique personnelle et les imp\u00e9ratifs du m\u00e9tier ? Des dilemmes, beaucoup de \u00ab ceux qui ont \u00e0 d\u00e9cider \u00bb en rencontrent quotidiennement. Une contradiction permanente qui interroge sur le rapport du politique aux \u00e9motions, mais aussi sur les attentes des citoyens \u00e0 l\u2019\u00e9gard de leurs repr\u00e9sentants, au-del\u00e0 de la question partisane. Pour en parler, plusieurs de ces \u00ab docteurs \u00bb de la crise sont revenus sur la dimension intime de leur m\u00e9tier, \u00e9voquant les contrari\u00e9t\u00e9s \u00e0 exercer le pouvoir dans un monde en constante transformation.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le mythe du chez soi et de l\u2019en-dehors<\/h2>\n\n\n\n<p>\u00c0 diff\u00e9rentes \u00e9chelles, la crise implique diff\u00e9rents enjeux. Celui qui nous occupe ici est de nature personnelle. S\u2019ils ne sont pas les seuls, les m\u00e9tiers du politique d\u00e9bordent presque toujours de la sph\u00e8re professionnelle pour atterrir, de fait, dans l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me intime. Surtout par temps de crise. Cette porosit\u00e9 du chez soi et de l\u2019en dehors remet en cause le mythe d\u2019une s\u00e9paration stricte des domaines : \u00ab Il est illusoire de penser qu\u2019il existe dans les faits une distinction nette entre ce que je vis dans mes missions professionnelles, et ce que je vis chez moi avec mes proches \u00bb rapporte la figure d\u2019un cabinet local, \u00e9rod\u00e9 par la gestion de crise. Deux enfants en bas \u00e2ge, une centaine de dossiers prioritaires, un millier d\u2019acteurs de mauvaise foi et presque autant de raisons de jeter l\u2019\u00e9ponge. Au d\u00e9tour de la discussion, une image savamment lanc\u00e9e comparant le m\u00e9tier du politique \u00e0 celui du circassien : \u00ab Il faut savoir jongler habilement avec les feux tout en donnant une illusion de maitrise \u00bb ironise-t-il. Pourtant, \u00ab le risque domine \u00e0 chaque \u00e9tape de la crise (\u2026). On reste tous bien conscients de \u00e7a \u00bb pr\u00e9conise une diplomate sp\u00e9cialiste des conflits sud-africains. In fine, la cons\u00e9quence individuelle est la m\u00eame : \u00ab De m\u00eame que nous n\u2019avons pas deux consciences, nous n\u2019avons pas deux personnalit\u00e9s : une qui serait rationnelle, purement professionnelle, et donc herm\u00e9tique, cloisonn\u00e9e ; et une autre qui serait d\u00e9tach\u00e9e, uniquement concentr\u00e9e sur l\u2019intime, l\u2019\u00e9motionnel, qui ferait de nous de parfaits membres de famille, conscients et disponibles \u00bb. <\/p>\n\n\n\n<p>Alors, dans le silence de l\u2019introspection, les contradictions et les n\u0153uds s\u2019accumulent. Les pistes de solution, elles, se font rares. Comment ne pas s\u2019\u00e9crouler devant la t\u00e2che et le peu de satisfactions qu\u2019elle augure ? Comme \u00ab un rempart \u00e0 la vague \u00bb qui souvent submerge, l\u2019importance d\u2019\u00eatre assis sur \u00ab une colonne vert\u00e9brale id\u00e9ologique \u00bb prodigue un conseiller local. Pour \u00e9viter le trop plein, lui croit aux vertus de lieux d\u2019accalmie fond\u00e9s \u00ab sur des principes et des relations extra- professionnelles \u00bb, c\u2019est \u00e0 dire simplement humaines : \u00ab Cela me permet de tenir face au sentiment d\u2019impasse permanent \u00bb confie cet ancien cadre politique. Renforcer son environnement intime et amical, un rem\u00e8de bas\u00e9 sur la simplicit\u00e9 et la sinc\u00e9rit\u00e9 face \u00e0 l\u2019oc\u00e9anisation \u00ab des m\u0153urs et des valeurs en politique \u00bb. Mais pour entrevoir la dimension personnelle nich\u00e9e derri\u00e8re des personnalit\u00e9s souvent taiseuses, il aura fallu observer avec attention, interroger avec bienveillance, apprivoiser les silences, et ainsi faire tomber le mur dress\u00e9 par l\u2019imp\u00e9ratif de r\u00e9serve<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\u00ab Gu\u00e9rir sans pouvoir pr\u00e9venir \u00bb <\/h2>\n\n\n\n<p>Si la teneur des entretiens a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 des liens de causalit\u00e9 \u00e9troits entre la psychologie des acteurs et l\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019action publique, ces derniers ont \u00e9galement d\u00e9montr\u00e9 que la notion de \u00ab crise \u00bb s\u2019entend diff\u00e9remment \u00e0 chaque oreille. Quand l\u2019un insiste sur \u00ab le cadre des mutations globales \u00bb que le terme lui \u00e9voque, \u00ab la majorit\u00e9 des crises (\u00e9tant) le produit de probl\u00e8mes structurels globaux non-r\u00e9solus \u00bb, l\u2019autre \u00e9voque avant tout \u00ab un enchev\u00eatrement de priorit\u00e9s, une pile d\u2019urgence \u00bb. De fa\u00e7on commune, plusieurs de ces d\u00e9cideurs partagent le regret de devoir traiter le \u00ab curatif \u00bb au d\u00e9triment du \u00ab pr\u00e9ventif \u00bb : \u00ab Je suis oblig\u00e9 de d\u00e9shabiller l\u2019un pour assouvir les n\u00e9cessit\u00e9s de l\u2019autre. En somme, je ne fais que gu\u00e9rir sans pouvoir pr\u00e9venir \u00bb conclut ce directeur de cabinet local. Un ballet incessant, surtout insens\u00e9, car les r\u00e9orientations de cr\u00e9dits d\u2019aujourd\u2019hui engendreront des situations d\u2019urgence demain. La t\u00e2che semble si usante qu\u2019elle peut conduire \u00e0 une forme de \u00ab saturation morale \u00bb, notamment dans les milieux diplomatiques o\u00f9 les satisfactions sont rares depuis l\u2019apr\u00e8s Covid. Derri\u00e8re les sourires taiseux, il faut lire la fatigue autant que la r\u00e9signation : \u00ab Des crises il s\u2019en est succ\u00e9d\u00e9, et il s\u2019en succ\u00e8dera \u00bb confie une diplomate. Mais quand au temps d\u2019en \u00e9changer les concern\u00e9s se livrent, il en r\u00e9sulte un long et profond sentiment d\u2019\u00e9puisement, une masse agglom\u00e9r\u00e9e qui, sous la contrainte et les dilemmes, ceux \u00ab du prisonnier \u00bb devenus ceux de tous les jours, p\u00e8se comme une charge qui \u00e9reinte les vocations. <\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Une conception \u00ab pr\u00e9tendument \u00bb impersonnelle du pouvoir <\/h2>\n\n\n\n<p>D\u2019autant que la part du facteur individuel dans la r\u00e9solution des crises semble tenir pour obstacle \u00ab la mauvaise foi \u00bb de certains responsables politiques qui, artificiellement, \u00ab la cr\u00e9e ou l\u2019entretienne \u00bb pour ob\u00e9ir \u00e0 \u00ab des int\u00e9r\u00eats particuliers \u00bb consent un \u00e9lu local habitu\u00e9 \u00e0 la gestion d\u2019urgence. Si le point de d\u00e9part de la crise tire le plus souvent son origine d\u2019un probl\u00e8me structurel ou impr\u00e9visible, sa perp\u00e9tuation dans le temps serait directement li\u00e9e \u00e0 la personnalit\u00e9 des acteurs. La concordance des t\u00e9moignages r\u00e9colt\u00e9s dresse le portrait d\u2019un milieu politique vici\u00e9, un lieu \u00ab pr\u00e9tendument commun \u00bb pourtant affect\u00e9 \u00ab par les egos et les luttes internes \u00bb : \u00ab Les querelles entre \u00e9lus perdurent sur certains dossiers au d\u00e9triment de l\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019action publique \u00bb constate une cadre de pr\u00e9fecture. <\/p>\n\n\n\n<p>Dans la lign\u00e9e des travaux du politiste Christopher Lasch, ces comportements \u00e9gotiques renforceraient la d\u00e9fiance des citoyens \u00e0 l\u2019\u00e9gard du politique, ce dernier d\u00e9non\u00e7ant une aspiration politique d\u00e9sormais \u00ab tourn\u00e9e vers la r\u00e9alisation de soi \u00bb et non vers \u00ab le changement de la soci\u00e9t\u00e9 \u00bb. Dans le pr\u00e9sent cas, questionner l\u2019influence des d\u00e9terminants \u00e9motionnels sur la r\u00e9solution des n\u0153uds revient, au fond, \u00e0 r\u00e9interroger la vocation premi\u00e8re des responsables politiques, charg\u00e9s de conduire les d\u00e9cisions publiques dans un souci d\u2019efficacit\u00e9 et d\u2019utilit\u00e9, c&#8217;est-\u00e0-dire \u00e9pargn\u00e9es d\u2019un impact individuel. Car bien qu\u2019elles ne soient r\u00e9solues que du fait de quelques-uns, les crises emportent le lot de tous. D\u2019autant plus lorsqu\u2019il s\u2019agit de probl\u00e9matiques locales, dont les cons\u00e9quences sont imm\u00e9diatement ressenties par les administr\u00e9s. Dans une autre mesure, une membre de d\u00e9l\u00e9gation diplomatique pointe elle \u00ab l\u2019influence de la personne \u00bb dans la r\u00e9solution des n\u0153uds globaux, \u00e9voquant officieusement diff\u00e9rentes personnalit\u00e9s d\u2019\u00c9tats et de gouvernement : \u00ab Je crois que ce mal est profond, universel m\u00eame, parce qu\u2019il va de pair avec le pouvoir tout simplement \u00bb conclut-elle. Au fil des r\u00e9cits, l\u2019impact du facteur humain et \u00e9motionnel apparait donc comme un facteur d\u00e9cisif dans l\u2019issue positive d\u2019une crise. Son r\u00f4le est m\u00eame qualifi\u00e9 de \u00ab majeur \u00bb de la bouche de certains concern\u00e9s. Des t\u00e9moignages qui contredisent la conception pr\u00e9tendument impersonnelle de la charge politique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le poids des responsabilit\u00e9s<\/h2>\n\n\n\n<p>Ce n\u2019est qu\u2019au terminus des entretiens que les discussions s\u2019ouvrent sur la dimension purement \u00e9motionnelle de l\u2019activit\u00e9 politique. Les uns et les autres s\u2019accordent \u00e0 d\u00e9crire \u00ab la pression continue \u00bb, une \u00e9motion agissant comme un puissant ressort, notamment dans la sph\u00e8re familiale : \u00ab C&#8217;est un sujet difficile \u00bb rapporte un conseiller ex\u00e9cutif. Au quotidien, certains pointent le \u00ab stress \u00bb et la \u00ab fatigue \u00bb comme source principale de perturbation : \u00ab Il est difficile de laisser ses sentiments \u00e0 la porte \u00bb croit-il en souriant. Des ressentis exacerb\u00e9s en temps de crise. Cependant, tous ne la tirent pas d\u2019une m\u00eame origine : pour les uns, elle p\u00e8se face \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de tenir \u00ab l\u2019image \u00bb d\u2019une institution ou d\u2019un service, pour d\u2019autres, elle agit \u00ab sous l\u2019effet de la responsabilit\u00e9 \u00bb des vies civiles et des collaborateurs engag\u00e9s sur le terrain confie une diplomate en \u00e9voquant des souvenirs de rapatriement depuis des zones de conflit. <\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 cet instant de l\u2019\u00e9change, o\u00f9 qu\u2019ils exercent et quelle que soit l\u2019\u00e9chelle de leur responsabilit\u00e9, les interrog\u00e9s ont tous un regret \u00e0 confier : \u00ab On se retourne quelques fois dans son lit, puis \u00e7a finit par passer\u2026 Comme le reste. \u00bb laisse entendre ce directeur de cabinet. Pour suivre la cadence au quotidien, celle \u00ab inh\u00e9rente aux bouleversements du monde \u00bb, le m\u00e9tier devient comme \u00ab une peau qu\u2019on enfile le matin \u00bb, \u00ab une seconde nature \u00bb, renforc\u00e9e par les \u00e9pisodes de crise, \u00ab plus fr\u00e9quents, de plus longue dur\u00e9e et de plus haute intensit\u00e9 \u00bb rench\u00e9rit une diplomate. Bien que temporaire, la crise semble donc agir comme un levier de transformation durable sur les d\u00e9cideurs politiques, modifiant leur perception de la situation, voire de leurs propres capacit\u00e9s \u00e0 y faire face. Tous redoutent le d\u00e9bordement, l\u2019instant du doute, pr\u00e9f\u00e9rant r\u00e9primer le monstre \u00e9motionnel pendant et apr\u00e8s la temp\u00eate : \u00ab Il ne faut laisser p\u00e9n\u00e9trer ni la fatigue ni le d\u00e9faitisme \u00bb confie l\u2019un. \u00ab Devoir rattraper tout ce qu\u2019on a laiss\u00e9 en suspens, c\u2019est \u00e7a le plus difficile. Il faut que la machine red\u00e9marre alors qu\u2019on n\u2019est pas encore remis de l\u2019\u00e9pisode pr\u00e9c\u00e9dent. C&#8217;est tr\u00e8s intense \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur \u00bb traduit une autre. <\/p>\n\n\n\n<p>Ces \u00e9changes, intimes et personnels, d\u00e9voilent une facette m\u00e9connue du quotidien de ceux qui \u0153uvrent \u00e0 la d\u00e9cision politique : \u00ab Plus on est proche de la d\u00e9cision, plus la t\u00e2che parait ardue \u00bb croit un \u00e9lu. \u00c0 diff\u00e9rents niveaux d\u2019intensit\u00e9 et \u00e0 diff\u00e9rents \u00e9chelles d\u2019enjeux, ces \u00e9changes traduisent une r\u00e9alit\u00e9 unanime et surtout m\u00e9connue. L\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral, fer de lance de leur engagement, semble se d\u00e9finir diff\u00e9remment selon les profils : \u00ab La passion de l\u2019engagement et du combat politique \u00bb pour l\u2019un, \u00ab la protection des compatriotes \u00bb pour une diplomate aguerrie. Cette qu\u00eate, qui d\u00e9passe le simple soi, pousse les corps dans leurs retranchements, formant au-dessus de certains d\u00e9cideurs politiques une coupole herm\u00e9tique, sorte de bulle sous laquelle remue le doute dans l\u2019intimit\u00e9 du for int\u00e9rieur : \u00ab Au quotidien, mes \u00e9motions ? Dans la m\u00eame journ\u00e9e je passe du bonheur \u00e0 la frustration, en passant par la col\u00e8re. La h\u00e2te de trouver du repos est souvent contrari\u00e9e par mon obsession \u00e0 assurer du mieux que je peux le mandat qui m\u2019a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9 \u00bb explique un maire candidat \u00e0 sa r\u00e9\u00e9lection. Ces \u00e9motions, qu\u2019ils ne peuvent ni laisser transparaitre, ni pleinement d\u00e9voiler, parait \u00eatre un lieu complexe. Dans leur monde, la comp\u00e9tition domine et les \u00e9motions y sont per\u00e7ues comme un signe de faiblesse. Largement imperceptibles, leurs voix traduisent une r\u00e9alit\u00e9 d\u2019usure en m\u00eame temps que de passion. Pour les entendre, il aura fallu \u00e9couter sans parler, deviner sans voir, imaginer sans \u00eatre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Que faire de son affect dans un milieu qui ne se comprend que de r\u00e9alit\u00e9s brutes ? 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